Retranscription et approfondissement
Comprendre et gérer son dialogue intérieur
Comprendre et gérer son dialogue intérieur : quand la petite voix devient un frein… ou un levier
Nous pensons souvent que ce sont les autres, le contexte ou les circonstances qui nous freinent.
Mais bien souvent, le premier obstacle n’est pas extérieur.
Il se joue dans notre tête, à travers ce que nous nous disons à longueur de journée.
Cette petite voix intérieure, nous l’entendons tous.
Elle commente, juge, anticipe, critique, imagine parfois le pire.
Et la plupart du temps, nous n’y prêtons même pas attention.
Pourtant, ce dialogue intérieur influence profondément notre confiance, nos émotions, notre niveau de stress et notre capacité à passer à l’action.
Dans ce deuxième épisode du podcast « Comment se réaliser », j’ai souhaité consacrer un temps entier à ce sujet essentiel : le discours intérieur.
Parce que comprendre ce qui se joue dans notre tête, c’est déjà commencer à reprendre du pouvoir sur notre fonctionnement.
Nous n’avons pas besoin d’ennemis pour nous auto-saboter.
Nous avons en moyenne près de 60 000 pensées par jour.
Parmi elles, une grande partie correspond à notre dialogue intérieur.
Des phrases comme :
« Je suis nulle »
« Je n’ai aucune logique »
« Je ne suis pas capable »
« J’aurais dû faire autrement »
« Je fais toujours tout de travers »
Le problème n’est pas qu’une pensée négative apparaisse ponctuellement.
Le vrai sujet, c’est la répétition.
Lorsqu’un même message revient encore et encore, notre cerveau finit par l’intégrer comme une vérité.
Nous passons également énormément de temps à imaginer des scénarios.
Et dans environ 90 % des cas, ces scénarios ne se produisent jamais.
Pourtant, notre cerveau ne fait pas la différence entre la fiction et la réalité.
Lorsque nous imaginons une situation anxiogène, notre corps réagit comme si elle était réelle.
Le stress monte, le taux de cortisol augmente, les tensions s’installent.
Nous dépensons alors beaucoup d’énergie à lutter contre des situations… qui n’existent que dans notre tête.
Quand le dialogue intérieur devient réellement toxique.
Un dialogue intérieur commence à devenir problématique lorsqu’il est :
– répétitif
– généralisant, avec des mots comme « toujours » ou « jamais »
– dévalorisant
– teinté de jugements sévères, voire d’insultes envers soi-même
À force de nous parler de cette manière, nous finissons par croire ces pensées.
Elles influencent nos comportements, nos décisions, notre confiance en nous et parfois même notre estime personnelle.
Il est important de comprendre que ce dialogue intérieur se construit au fil du temps.
Il est influencé par notre éducation, notre environnement familial, notre entourage, nos expériences passées et nos croyances.
Se parler avec lucidité ou s’auto-saboter : faire la différence
Il existe une différence fondamentale entre se parler avec lucidité et s’auto-saboter.
Se parler avec lucidité, c’est être capable de faire un constat factuel, sans jugement.
Par exemple :
« Aujourd’hui, je n’ai pas bien géré mon temps. J’ai passé trop de temps sur les réseaux sociaux et je n’ai pas terminé ce que je voulais faire. »
Dans ce cas, il y a des faits, des éléments observables et une possibilité d’ajustement.
S’auto-saboter, c’est porter un jugement global sur sa personne :
« Je suis incapable de m’organiser »
« Je n’ai aucune logique »
Ici, il n’y a plus de faits, mais une attaque directe contre soi-même.
Ce type de discours enferme, démotive et freine l’action.
Apprendre à se lâcher la grappe : une étape clé
La première étape pour adoucir cette petite voix critique est d’apprendre à se lâcher la grappe !
C’est-à-dire s’accepter tel que nous sommes, et non tel que nous pensons devoir être.
Personne n’est parfait.
Nous avons tous des qualités… et les défauts de nos qualités.
Chercher à être bon partout, tout le temps, est une source immense de pression intérieure.
Comme le disait Oscar Wilde :
« Soyez vous-même, les autres sont déjà pris. »
S’accepter ne signifie pas renoncer à progresser.
Cela signifie arrêter de se battre contre soi-même.
Stop aux injonctions : « il faut » et « je dois »
Notre dialogue intérieur est souvent rempli d’injonctions :
« Il faut que je fasse mieux »
« Je dois être plus organisé »
« Il faut que je change »
Lorsqu’il s’agit de règles extérieures, ces formulations ont du sens.
Mais lorsqu’elles nous concernent personnellement, elles deviennent lourdes et culpabilisantes.
Je propose souvent de remplacer :
– « il faut »
– « je dois »
par :
– « j’ai besoin »
– « j’ai envie »
– ou, lorsque c’est profondément important : « je me dois »
La nuance est subtile, mais l’impact émotionnel est très différent.
Notre corps et notre esprit ne réagissent pas de la même manière.
Voici un exercice très simple, inspiré du livre « La force est en vous » de Louise Hay.
Prenez un élastique et mettez-le autour de votre poignet.
Pendant 24 heures, à chaque fois que vous vous adressez une pensée très critique, voire insultante, envers vous-même, faites claquer légèrement l’élastique.
L’objectif n’est pas de se faire mal.
Il est de prendre conscience.
Pour certaines personnes, le poignet devient rouge rapidement.
Non pas à cause de l’élastique, mais à cause de la fréquence des pensées négatives.
Cet exercice permet de mesurer concrètement la toxicité de son dialogue intérieur.
Il permet surtout de réaliser à quel point nous pouvons être durs avec nous-mêmes… souvent sans nous en rendre compte.
Les questions à se poser pour avancer
Pour commencer à transformer votre dialogue intérieur, je vous invite à vous poser ces questions :
– Quelle est la phrase que je me répète le plus souvent dans mon discours intérieur ?
– À quel moment suis-je le plus dur avec moi-même : le matin, le soir, au travail, dans ma vie personnelle ?
– Est-ce que je parlerais à quelqu’un d’autre avec les mêmes mots et le même ton que ceux que j’utilise envers moi-même ?
– Quel serait un discours plus juste, plus aidant, plus soutenant ?
– Quelle phrase pourrait devenir un repère, un mantra, pour m’aider à avancer avec plus de sérénité ?
Parfois, une seule phrase peut tout changer.
Notre dialogue intérieur n’est pas un simple bruit de fond.
C’est un filtre puissant à travers lequel nous percevons le monde et nous-mêmes.
Apprendre à l’observer, à le questionner et à l’adoucir, ce n’est ni se complaire ni renoncer à évoluer.
C’est se donner les moyens d’avancer avec plus de clarté, de confiance et d’énergie.
Et vous, quelle est la phrase que vous vous répétez le plus souvent ?
Est-ce qu’elle vous aide réellement à avancer ?